Chroniques littéraires·Non classé

Du 27 juillet au 5 août 2017 : Les thanatonautes, Bernard Werber

Le secret de la liberté, c’est la librairie.

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Titre : Les thanatonautes
Auteur :
Bernard Werber
Édition :
Le livre de Poche (coll. La pentalogie du ciel)
Nombre de pages :
500 pages
Genre :
Ésotérisme, SF
Où le trouver ?
Amazon, Fnac, Club
Synopsis : L’Homme a tout exploré : le monde de l’espace, le monde sous-marin, le monde souterrain ; seul le continent des morts lui est inconnu. Voilà la prochaine frontière. Michael Pinson et son ami Raoul Razorbak, deux jeunes chercheurs sans complexes, veulent relever ce défi et, utilisant les techniques de la médecine comme celles de l’astronautique, ils partent à la découverte du paradis. Leur dénomination ? Les thanatonautes. Du grec thanatos (divinité de la mort) et nautès (navigateur). Leurs guides ? Le livre des morts tibétain, le livre des morts égyptien, mais aussi les grandes mythologies et les textes sacrés de pratiquement toutes les religions. Peu à peu les thanatonautes dressent la carte géographique de ce monde inconnu. En Dante moderne, Bernard Werber nous emmène dans un voyage époustouflant.

Mon avis : Un jour, une amie nous a parlé de Bernard Werber. Ma première réaction fut : qui c’est celui-là ? Après avoir lu la trilogie des Dieux (les 3 derniers tomes de la Pentalogie du ciel), ma réaction fut toute autre : il faut que je lise la suite de cette œuvre magique !

La structure

La structure est propre à l’auteur : non seulement, les chapitres sont très petits, ce qui permet une lecture facile pour ceux qui doivent s’arrêter souvent, mais en plus les chapitres concernant l’histoire sont entrecoupés d’extraits de manuels d’histoires, de publicités, de mythologies de tous les pays et de toutes les religions, ce qui rend l’histoire beaucoup plus réaliste.

 

Le style

Bernard Werber utilise des tournures de phrase avec beaucoup de littérarité pour dire des choses simples. Je vous en laisse un exemple ici :

«  Une semaine plus tard, une vingtaine de moinillons asiatiques qui, à première vue, se ressemblaient comme autant de gouttes d’eau frappaient à la porte de notre thanatodrome. »

Ce style est d’une beauté à lire incomparable. On est transporté dans un univers fait de beaux mots et d’images absolument magnifiques.

 

Les personnages

Les personnages sont tout bonnement psychologiquement bien développés : Raoul croit aux mystères de la mort à cause d’un terrible évènement familial ; Stefania est très ronde, ce qui lui a valu de vouloir se débarrasser de son corps, donc de faire la décorporation bien avant l’invention de la thanatonautique.

Quant à Michael Pinson, il a une ouverture d’esprit dû à sa croyance agnostique immense, ce qui permet d’avoir un point de vue intérieur et extérieur en même temps. J’ai été très attachée à ce personnage surtout pour ça : il ne sait pas et il avoue ne pas savoir. Il découvre avec un esprit le plus neutre possible se disant agnostique (avoue ne pas savoir s’il y a ou n’a pas) et non athé (qui croit qu’il n’y a rien).

 

L’ambiance

L’ambiance est très réaliste et très futuriste. Avec des problèmes actuels, Bernard Werber crée une intrigue qui essaie d’en trouver les solutions tout en expliquant toutes les conséquences sociologiques que la résolution de ces problèmes aura.

 

L’intrigue

L’intrigue commence dans notre monde et notre époque, ce qui rend l’histoire encore plus réaliste. De plus, l’intrigue est très bien amenée : par la mort du père de Raoul pour déclencher le thème ou la décision de Michael de lui venir en aide qui est un peu l’élément perturbateur, Bernard Werber nous fait voyager à l’aide de tous les détails qu’il faut pour y croire. Absolument grandiose !

 

La fin

Si l’on regarde la suite, L’empire des anges, la fin est tout parfaitement logique : Michael quitte son cycle de réincarnation pour découvrir ce qu’il y a après la vie humaine. Ou plutôt les vies humaines. Ayant été jusqu’au bout quant à la découverte du Continent Ultime, il est tout à fait censé que Michael et ses amis repoussent encore les limites pour répondre à une autre grande question : si les réincarnations existent, qu’y a-t-il après celles-ci ?

 

Les thèmes

J’ai beaucoup de choses à dire sur les thèmes.

Bernard Werber trouve un moyen de mettre en scène les questions les plus existentielles de notre Univers de manière un poil futuriste, assez pour qu’on ait un doute sur sa faisabilité. Mais en plus de ça, il donne au lecteur une explication des conséquences sociologiques de ce qu’il invente. Ce qui rend l’ouvrage encore plus réaliste ! À tel point qu’on dirait clairement un livre d’Histoire du futur. D’ailleurs, il se sert beaucoup de ce format pour donner encore plus de vraisemblance à son œuvre.

La question existentielle la plus traitée est sans doute « Qu’y a-t-il après la mort ? » Ce thème spirituel fait beaucoup réfléchir.

La seconde, que j’ai trouvée très bien amenée par Stefania et son envie de se révolter face à ce monde devenu trop mou. Face à la découverte du karma, les gens ne font plus rien de mauvais, mais en deviennent niais, mielleux et absolument insupportables. Stefania essaie alors de rapporter le mal dans le monde pour rétablir l’équilibre. Apparaît alors la question existentielle du Bien et du Mal. L’un n’existe pas sans l’autre. En éradiquant le mal et en devenant neutralité, nous éradiquons le bien en même temps. Ce thème me rappelle vaguement Nos étoiles contraires : « Sans souffrance, comment reconnaître la joie ? »

Mais il n’y a pas que des questions existentielles dans ce bouquin. Quand le peuple découvre les expériences thanatonautiques, qui consiste à mettre des volontaires dans le coma, au risque qu’ils ne reviennent pas de la frontière entre l’au-delà et notre monde, la presse et les journaux accusent les thanatonautes d’être des assassins et de tuer des innocents. Bien évidemment, les gens suivent ses accusations et croient en elles. Et bien évidemment, les médias abusent et tournent l’information comme ils en ont envie. Ce qui amène la question des médias, appelés aussi le 4e pouvoir ainsi que leur force sur le monde et notre société.

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Bref, vous l’aurez compris : cette lecture n’a fait que rajouter de l’amour dans le sac de mon admiration envers les mots de Bernard Werber. Quelque chose de raffiné, quelque chose qui fait réfléchir et nous fait nous poser des questions. Je n’en attendais pas moins de lui ! Reste à lire L’empire des anges pour avoir fini La pentalogie du ciel. Vous en aurez bien sûr des nouvelles !

Et vous ? Avez-vous déjà lu cet auteur ? Qu’en pensez-vous ? 🙂 

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7 commentaires sur “Du 27 juillet au 5 août 2017 : Les thanatonautes, Bernard Werber

  1. Je n’ai pas encore lu cette pentalogie du ciel mais j’ai certains tomes dans ma PAL (pas sûre d’avoir le premier…). Mais j’aime beaucoup cet auteur et tous les ouvrages que j’ai lu de lui (les fourmis, le rire du cyclope et le père de nos pères). Cette pentalogie me tente beaucoup! 🙂
    PS: j’ai reçu ta lettre!! 😀 😀 Tu auras bientôt de mes nouvelles :-p

    Aimé par 1 personne

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