Lever les yeux·Non classé

Lever les yeux chapitre 12

Bien que les épreuves de fin d’année allaient se dérouler dans moins de 24h, je pris mon temps pour profiter du moment présent avec ma famille, les gens que j’aimais le plus au monde. Bien sûr, il y avait ma mère, cette femme avec qui je vivais au quotidien et qui me soutenait, peu importe ce qui m’arrivait ou ce que je choisissais de faire de mon avenir. Il y avait également mon beau-père, ce fleuriste au cœur tendre et à la gentillesse unique. À côté de lui était assis mon grand-père. Il parlait du bon vieux temps, comme d’habitude. Philippe ne se lassait jamais d’entendre ses vieux souvenirs sur la guerre qu’il avait faite au Congo. Pendant son jeune âge, mon grand-père maternel avait servi la Belgique pendant le siège au Congo. Il avait d’ailleurs chez lui des albums photos entiers de lui, en costume, un fusil à la main. Il avait de la classe et je dois dire que je le trouvais assez charismatique. Tout en le regardant, je me demandai pourquoi je n’avais pas hérité de ce charme et posai mes yeux sur mes deux grands-mères juste à la droite de Philippe. Elle parlait broderie, tricot et couture. Encore. C’était assez mignon de les voir rassemblées comme ça.

Ma mère et ma tante discutaient travail. Chaque fois qu’elles se voyaient, bien qu’elles se promettent de ne pas le faire, elles parlaient de leur journée de travail dans leurs bureaux respectifs. Après avoir salué Caitlyn qui devait rentrer chez elle, je me dirigeai vers ma génération, à savoir ma sœur et mes cousins.

Ma sœur avait quelques années de moins que moi. Bien qu’au fil du temps, nos points communs se multipliaient à une vitesse folle, notre style vestimentaire ne faisait pas encore partie de cette longue liste. Elle s’habillait plutôt à la mode, avec un côté rebelle, contrairement à moi qui aimait les robes, l’élégance féminine et la classe. Un verre de limonade et une part de gâteau sur la table près de moi, je vins discuter de tout et de rien avec eux.

– Alors, il paraît que tu vas partir en Irlande cet été ? Maman me l’a expliqué tout à l’heure, m’interrogea ma sœur.

– Comment ça, tu pars en Irlande ? Pourquoi on ne me dit jamais rien ici ? s’exclama mon cousin à ma gauche, Thomas.

– Ça s’est passé il n’y a même pas une semaine, je ne vous ai pas encore vu depuis, c’est tout, rigolai-je.

Je leur racontai donc l’avancée de mon projet pour le début du mois d’août. À ma grande surprise, ils étaient tous étonnés mais fiers que je parte, que je découvre un peu le monde et que je ne reste pas coincée dans ma chambre en attendant que celui-ci s’ouvre à moi.

John, le plus grand de mes trois cousins, me rappela alors qu’il avait passé plus de deux mois à Dublin l’année passée. Il me donna donc quelques bons conseils ainsi que quelques bonnes adresses.

– C’est très gentil à toi, John, mais je ne prépare rien. C’est Will qui va se charger de tout. Et il ne veut rien me dire avant le départ. Surprise, qu’il m’a dit, lui expliquai-je.

– J’espère quand même que tu aimeras ce qu’il te prépare. Le principal, c’est que tu aimes sa compagnie. Il n’y a rien de pire que de voyager avec quelqu’un que l’on apprécie pas.

Alors, là, John, j’étais servie, tu n’imagines pas à quel point…

Grâce à mon cousin, j’étais repartie dans mes rêveries. Ces temps-ci, il m’arrivait très fréquemment d’être dans les nuages et de penser au bonheur que je ressentirais durant ce voyage. Des papillons se baladèrent dans mon ventre et une légère sensation d’impatience se fit sentir en moi.

Après une belle soirée au Soleil avec ma famille entière, je décidai d’envoyer un message à Will pour le remercier de m’avoir offert quelque chose. Je ne m’attendais vraiment pas à recevoir un cadeau de sa part. Je tapai donc sur mon clavier « Hey, Will ! Merci beaucoup pour le pull. Il est adorable ! J’essaierai de ne pas oublier de le mettre dans ma valise 😉 »

J’aimais l’attention qu’il avait envers moi. Se comportait-il comme ça avec tous les gens qu’il accompagnait en voyage ? Je ne savais pas. Peu m’importait, en réalité. Le principal, c’était de passer un bon moment et de remplir ma tête de souvenirs tous plus beaux les uns que les autres.

Quelques minutes plus tard, je reçu une réponse de sa part. « Avec plaisir. Repose-toi. Demain, c’est le grand jour ! »

Demain ? Le grand jour ? Ah oui, mon examen. Mais comment savait-il ça ? Lui aurais-je révélé cette partie de mon agenda mardi passé lors de notre deuxième rendez-vous ? Enfin, entrevue ? Une vague de surprise m’envahit lorsque je vis qu’il avait retenu que je commençais mes épreuves de fin d’année le lendemain. Je me questionnai à ce sujet, mais ça ne me déplaisait pas tellement. Cela faisait maintenant quelques semaines que je n’étais plus avec Nicolas. Je profitais de la vie et de ce qui me venait, sans trop me poser de questions. Trop m’en poser m’avait déjà apporté des ennuis. Je laissai donc le temps couler et jetai un coup d’œil à l’horloge de ma chambre. 21h30. J’avais encore le temps de relire un peu mes fiches pour mon examen de demain.

Avant d’entrer en école de communication, je ne savais pas du tout ce qu’était la sémiologie. Je ne l’ai appris qu’à partir de la deuxième partie de l’année. La sémiologie étudiait les signes et leur signification. Avec cette « science » une multitude de termes compliqués a submergé mes cahiers. Signifiant, référent, signes arbitraires ou motivés, la fonction phatique… En quelques mois, j’ai dû apprendre tous ces mots pour être, ce soir, enfin prête pour la grande interrogation.

Je lu mes fiches une bonne demi-heure et, en récompense, me préparai à lire dans mon lit. Lire avant de m’endormir m’aidait à m’assoupir, ce qui devenait de plus en plus difficile avec le stress. Je m’évadai donc quelques minutes dans un monde rempli de magie et de livres avant de m’effondrer sur mon coussin, les yeux plus clos que jamais.

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